La rentrée 2026-2027 signe un tournant dans les écoles d’Algérie. L’anglais devient la seule langue étrangère enseignée en troisième année primaire. Le français quitte cette classe, après une décision officialisée par le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui.
Rentrée 2026-2027 : l’anglais remplace le français en primaire
Le changement concerne d’abord le primaire. L’anglais sera introduit avant le français dans le parcours des élèves. Le français ne sera plus enseigné en troisième année primaire. Cette mesure s’applique dès le mois de septembre 2026.
Le ministère décrit cette évolution comme un réajustement du curriculum. L’objectif : mieux répartir le volume horaire entre les langues. Une partie du temps dédié au français est transférée vers l’anglais.
Les programmes éducatifs algériens ont déjà connu des modifications similaires. En 2022, l’anglais avait été introduit dans le primaire à partir de la troisième année. Désormais, le français perd cette place.
Le lycée voit aussi le recul du français
Dans le secondaire, la réforme se poursuit. L’anglais reste présent dans les filières scientifiques et technologiques. Le français disparaît des grilles de troisième année secondaire. Cette dernière année est recentrée sur les spécialités.
Cette évolution s’inscrit dans une politique linguistique plus vaste. Le ministère souhaite renforcer la place de l’anglais dans l’enseignement supérieur. Les langues vivantes occupent désormais une place centrale dans les débats éducatifs.
Une polémique oppose pédagogues et ancien ministre
Cette décision suscite un débat. Un spécialiste des questions pédagogiques a critiqué le remplacement. Un ancien ministre a défendu la mesure. Les échanges se sont envenimés dans les médias algériens.
Le spécialiste estime que l’introduction précoce de deux langues étrangères fragilise les élèves. L’ancien ministre répond que l’anglais est indispensable pour l’avenir économique du pays. Le ministère maintient sa position.
Les motivations du ministère pour imposer l’anglais
Le ministère de l’Éducation nationale avance plusieurs arguments. Ces justifications s’appuient sur une volonté de moderniser l’école algérienne.
- 🌍 L’anglais est perçu comme une langue internationale de travail et de recherche.
- 📘 Les contenus scientifiques et technologiques sont majoritairement publiés en anglais.
- 🧭 Le curriculum doit évoluer pour répondre aux besoins du marché de l’emploi.
- 🗣️ L’apprentissage précoce de l’anglais permettrait une meilleure maîtrise dans le supérieur.
Cette politique linguistique vise à rééquilibrer les langues au sein de l’école. L’enseignement de l’anglais devient prioritaire. Le français reste présent mais son volume horaire diminue progressivement.
Quelles conséquences pour l’équilibre linguistique du pays ?
Le français conserve une place dans la société algérienne. Les médias, l’administration et une partie du secteur privé l’utilisent encore. Mais son importance dans le système scolaire diminue. L’anglais gagne du terrain à chaque réforme.
Ce basculement ne s’arrête pas au primaire. Les collèges et les lycées sont concernés. Le volume horaire du français est réduit dans plusieurs niveaux. L’anglais devient la première langue étrangère de l’école algérienne.
Le débat reste ouvert sur les effets de ce choix. Les enseignants de français s’interrogent sur leur avenir. Les parents, eux, voient dans l’anglais un atout pour leurs enfants. La réforme de 2026 marquera une étape décisive.

Journaliste de terrain spécialisée en géopolitique du Moyen-Orient, elle suit les affaires judiciaires et politiques iraniennes depuis dix ans. Formée à croiser les sources, elle privilégie les faits bruts aux interprétations hâtives.