Deux journalistes français, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ont été arrêtés au Togo en juillet 2025. Ils tournaient un épisode des « Routes de l’impossible » pour France 5. Leur situation reste préoccupante en ce début 2026. Le Quai d’Orsay suit l’affaire de près.
🎬 Deux journalistes français arrêtés lors d’un tournage au Togo
Les deux réalisateurs ont été interpellés le 27 juillet 2025 à Kara, dans le nord du Togo. Ils préparaient un épisode de la série documentaire « Les Routes de l’impossible ». Cette émission, diffusée sur France 5, propose une enquête immersive sur les zones difficiles d’accès.
Selon leur employeur, la société Tony Comiti Productions, ils avaient obtenu toutes les autorisations. Leur matériel avait été déclaré à la douane. Ils contestaient les accusations portées contre eux.
⚠️ Une autorisation de tournage contestée
Le régulateur togolais des médias a publié un communiqué mercredi soir. Il assure n’avoir reçu aucune demande d’accréditation, ni de la part de France Télévisions, ni des intéressés. Cette version contredit celle de la production.
Les deux journalistes ont été arrêtés pour « espionnage » avant d’être inculpés pour « fausses déclarations ». Leurs caméras, passeports, rushes et téléphones ont été confisqués. Une situation inédite pour ce reportage d’investigation.
⚖️ L’enquête et les suites judiciaires
Après une garde à vue d’une dizaine d’heures, ils ont été assignés à résidence dans un hôtel. Puis, le 17 août, ils ont été placés en détention provisoire. Le juge d’instruction togolais a retenu l’inculpation pour fausses déclarations.
Les autorités françaises suivent la situation avec attention. Trois visites consulaires ont eu lieu. L’ambassade et le Bureau de la protection des détenus sont en lien permanent avec les avocats, l’employeur et les familles. Le Quai d’Orsay a réaffirmé sa mobilisation.
🏥 L’état de santé de l’un des réalisateurs
L’un des deux hommes est malade. Selon un médecin togolais, il risque une septicémie. Une opération est nécessaire, mais elle ne peut pas être réalisée sur place. La famille évoque une « urgence humanitaire ». Ce documentaire, conçu comme une aventure humaine, vire au cauchemar.
Vous avez pu suivre cette affaire dans les médias. Les proches espèrent un rapatriement sanitaire rapide. Le contexte diplomatique complique toutefois la situation.
🌍 Un contexte sécuritaire et politique tendu
Le nord du Togo subit des incursions jihadistes depuis fin 2021. Des groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique opèrent depuis le Burkina Faso voisin. L’état d’urgence y a été instauré en 2022 et prolongé à plusieurs reprises, la dernière fois en février 2025.
C’est dans cette zone que les deux réalisateurs effectuaient leur reportage. Leur projet d’enquête immersive sur les routes commerciales les avait menés dans cette région sensible. Un terrain où tout tournage nécessite des autorisations spécifiques.
📡 La liberté de la presse en question
Ce n’est pas la première fois que les médias français sont dans le viseur du régime togolais. En juin 2025, RFI et France 24 ont été suspendues pour trois mois. Leur tort : avoir relayé des « propos inexacts et tendancieux » après des manifestations critiques.
Le Togo occupe la 97e place sur 180 au classement de la liberté de la presse établi par RSF. Le pays compte de nombreux médias, mais l’indépendance des journalistes dépend du contexte politique. En avril, le chef de la diplomatie française avait plaidé pour la levée de leur suspension.
Voici une liste des points clés de cette affaire :
- 📅 27 juillet 2025 : arrestation des deux journalistes à Kara
- ⚠️ Accusation d’« espionnage » puis de « fausses déclarations »
- 📜 Conflit entre la production et le régulateur togolais sur les autorisations
- 🏥 Problème de santé grave pour l’un des réalisateurs
- 🇫🇷 Mobilisation des autorités consulaires françaises
- 📺 Suspension de RFI et France 24 en juin 2025
L’affaire des « Routes de l’impossible » illustre les risques du journalisme de terrain. Les deux réalisateurs devaient documenter des routes commerciales, mais ils sont retenus dans une zone de tension. Leur sort dépend désormais des négociations diplomatiques.

Journaliste de terrain spécialisée en géopolitique du Moyen-Orient, elle suit les affaires judiciaires et politiques iraniennes depuis dix ans. Formée à croiser les sources, elle privilégie les faits bruts aux interprétations hâtives.