Nouveaux détails sur les deux Français détenus au Togo : inquiétudes grandissantes pour leur santé

Nouveaux détails sur les deux Français détenus au Togo : inquiétudes grandissantes pour leur santé

Les familles de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont exprimé une « immense inquiétude » pour la santé des deux réalisateurs français détenus au Togo depuis le 27 juillet. Reporters sans frontières (RSF) exige leur « libération immédiate ». Le point sur une affaire qui se tend.

Français détenus au Togo : nouveaux détails sur leur détention

Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani travaillaient pour la série documentaire Les Routes de l’impossible, diffusée sur France Télévisions. Ils ont été arrêtés le 27 juillet avec Fred Vedomey, un collaborateur local, près de Kara, dans le nord du pays.

Selon RSF, les trois hommes ont d’abord été assignés à résidence. Le 17 août, ils ont été placés en détention provisoire et inculpés pour « fausses déclarations ». Ils sont retenus au camp d’Agoè Logopé, près de Lomé, une installation des forces de l’ordre.

Les dates clés de l'affaire
  1. Juin 2025

    RFI et France 24 sont interdites d'antenne pour trois mois.

  2. 27 juillet

    Arrestation des deux réalisateurs et de Fred Vedomey près de Kara.

  3. 17 août

    Inculpation pour fausses déclarations et placement en détention provisoire.

  4. Après le 17 août

    Refus d'évacuation sanitaire pour Sebastian Perez Pezzani malgré les avis médicaux.

  5. Aujourd'hui

    RSF exige la libération immédiate, les familles restent sans nouvelles.

Les raisons d’une arrestation contestée

La société de production Tony Comiti assure que les réalisateurs étaient « en règle ». Ils avaient obtenu une autorisation de tournage auprès du ministère de la Culture togolais. Selon Patrice Lucchini, directeur général de la société, ils auraient dépassé une zone conseillée par inadvertance.

La Haute autorité de régulation de la communication togolaise affirme, elle, ne pas avoir été informée de leur arrivée. Elle estime que la justice doit déterminer les circonstances de leur présence et la nature de leurs activités. Une position qui contraste avec celle de la production.

Santé des détenus : une situation critique

Le point le plus préoccupant concerne l’état de santé de Sebastian Perez Pezzani. Il souffre de graves problèmes de santé nécessitant une prise en charge immédiate, selon RSF. Une demande d’évacuation à l’étranger a été refusée par les autorités togolaises, malgré des recommandations médicales.

Les familles décrivent leur « immense inquiétude ». L’un des enfants des deux réalisateurs n’a que 13 ans. Les proches ont été reçus au Quai d’Orsay. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, assure suivre le dossier « avec beaucoup d’attention ».

Les conditions de détention interrogent

Le camp d’Agoè Logopé est présenté comme une installation des forces de l’ordre. Les familles n’ont pas pu voir les détenus. Les autorités togolaises n’ont pas communiqué sur d’éventuels soins apportés à Sebastian Perez Pezzani. Une opacité qui nourrit les craintes.

  • 📅 Arrestation le 27 juillet lors d’un tournage dans le nord du Togo
  • ⚖️ Inculpation pour « fausses déclarations » le 17 août
  • 🏥 Refus d’évacuation sanitaire pour l’un des réalisateurs
  • 📺 Production prévue pour France Télévisions

Inquiétudes politiques autour de l’affaire

Les relations entre Paris et Lomé se sont dégradées. Le Togo s’est rapproché de la Russie. RFI et France 24 ont été interdites d’antenne en juin 2025 pour trois mois. Elles ne peuvent toujours pas émettre, selon l’AFP.

Tony Comiti, fondateur de la société de production, s’interroge : « L’affaire serait-elle politique ? » Les réalisateurs tournaient un documentaire d’aventure, pas un reportage politique. Il souligne que le Togo n’est pas le Mali. Une manière de pointer une dérive possible.

Une possible extradition en toile de fond

Le média indépendant togolais L’Alternative a révélé l’affaire. Son fondateur, Ferdinand Ayité, vit en exil en France. Il estime que Faure Gnassingbé veut son extradition, éventuellement en échange de la libération des deux Français. Une hypothèse que rien ne confirme, mais qui circule.

Le Togo occupe la 97e place sur 180 au classement de la liberté de la presse de RSF. Le pays est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, héritier d’EYADEMA, resté 38 ans au pouvoir. Ce contexte pèse sur l’affaire.

RSF appelle également à la libération de Christophe Gleizes, condamné en Algérie il y a un an. La liberté de la presse reste sous pression dans de nombreux pays. Le sort de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani illustre cette fragilité.

Une détention qui soulève trop de questions

Pourquoi les deux réalisateurs ont-ils été arrêtés ?

Ils sont inculpés pour « fausses déclarations » après avoir tourné près de Kara. La production assure que leur autorisation était en règle et qu'ils ont dépassé une zone conseillée par inadvertance.

Qu'est-ce que la société de production répond aux accusations ?

Tony Comiti, la société de production, affirme que tout était en règle. Ils avaient obtenu une autorisation du ministère de la Culture togolais. Le régulateur local dit ne pas avoir été informé de leur arrivée.

Pourquoi l'évacuation sanitaire a-t-elle été refusée ?

RSF précise que Sebastian Perez Pezzani souffre de graves problèmes de santé. Une demande d'évacuation à l'étranger a été refusée par les autorités togolaises, malgré les avis médicaux. Les familles dénoncent une opacité totale.

Est-ce que cette affaire est politique ?

Rien ne le confirme pour l'instant. Le fondateur de la production s'interroge, et des médias évoquent une possible extradition en toile de fond. Le Togo s'est rapproché de la Russie et les tensions avec Paris sont réelles.

Un désaccord sur un chiffre ? On corrige avec plaisir

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